mardi 30 juin 2015

L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours !

Ne soyez pas surpris si vous vous baladez au Parc Forillon www.pc.gc.ca/fra/pn-np/qc/forillon/index.aspx et que vous voyez surgir près de vous, un homme avec caméra au poing. C'est Harold Arsenault.

Harold est un cinéaste animalier, gaspésien de souche. Présentement, il fait un court métrage sur l'ours noir, ce sympathique habitant du parc. Oui je dis bien sympathique car les ours noirs du parc ont un tempérament calme et tempéré. Si vo
s l'attaquez, bien sûr il va se défendre car ça reste un animal sauvage mais habituellement, il ne bouge pas de sa talle et continue à brouter malgré vos cris, vos claquements, vos sifflets et vos clochettes. Quand il sera rassasié, il partira mais là le sentier lui appartient. À cette période de l'année, il n'est pas rare de croiser dnas les champs de Forillon ou au détour des sentiers maman ourse accompagnée de ses 2 oursons.



Mais revenons à Harold, c'est tout un bonhomme. Son premier film sous-marin a été diffusé à plusieurs reprises à la télé. Ceux et celles qui ont vu "La vie cachée du St-Laurentont immédiatement été séduits par la beauté des prises de vue sous-marines tournées dans les eaux gaspésiennes. Ce film s'était mérité le prix Gémeaux de la meilleure émission documentaire et avait attiré l'attention au Festival Mondial de l'image Sous-marine d'Antibes en 1988.

Mais qui est donc ce jeune cinéaste québécois? Harold est né à Gaspé et y a fait toutes ces études jusqu'au niveau collégial. Certifié plongeur en 1984, n'ayant que 6 heures d'expérience en plongée et aucune en cinéma, il est engagé par la Société de production sous-marine dont son père était le propriétaire, pour le tournage de "La vie cachée du St-Laurent".

Harold n'a cessé de s'intéresser à la cinématographie que ce soit sous-marine ou terrestre. Il a été entre autres assistant de production sur le long métrage "Les fous de Bassan" (1986), stagiaire à la caméra sur le long métrage "Marie s'en va t'en ville" (1986), cameraman sur le court métrage "L'homme qui a vu l'ours" (1987). En 1988, il devient propriétaire de la Société de Production Sous-marine appartenant auparavant à son père. Puis l'année '89 a été bien remplie: des tournages de prises de vues sous-marines dans la Série chasse et pêche, "Sport O'Keefe" et comme assistant-cameraman sur le film "Cargo" et j'en passe. Il a tourné "HOMARUS AMERICANUS"en 1989 qui lui a valu la Palme d'or, le Prix de la ville d'Antibes, le prix du Ministère de la culture et des communications au 16ème festival mondial de l'Image Sous-marine d'Antibes Juan-les-Pins.

Plusieurs autres films ponctuent sa carrière de réalisateur indépendant tels " Né pour la mer", "Anticosti", "Le renard articque", "Sur les traces de l'hiver", "Les citadelles ailées de l'Arctique", "Les Dauphins nés pour la mer", "Des oiseaux pour la mer" et "L'amour au pays des orignaux". Son plus récent "La dernière harde" traite du dernier troupeau de caribou des bois habitant les hauts plateaux des Chics Chocs en Gaspésie dont vous trouverez  le lien ci-joint. Bon visionnement.


samedi 24 janvier 2015

Maudit hiver! Merveilleux hiver!

Chériiiiiiiiiie, on va tu s'oxygéner? Me semble que ça nous ferait du bien !

Ouais, parle pour toi mon amour ! A - 15 C, je me demande vraiment si ça va "me" faire du bien. Au lieu de m'oxygéner, si je faisais plutôt une crise d'asthme? Et sortir grand-maman ourse de sa torpeur hivernale, hum, elle a de quoi grogner. À cette température, j'ai plutôt le goût de me rouler en boule devant la fournaise à bois, lovée contre la chatte dans son panier.

Je ne l'ai jamais avoué ouvertement mais je suis certaine que mon langage non verbal m'a trahi depuis longtemps. Non, je n'affectionne pas particulièrement l'hiver. Je fais la moue, je traîne la patte, je prends une éternité pour m'habiller, je ne trouve jamais la bonne tuque, les bonnes mitaines. Bof, tout cet attirail dont il faut nous attifer ? Je comprends les bout-de choux qui se sentent tout coincés dans leur habit de neige. Eux peuvent crier, pas moi, mon éducation des soeurs de Jésus-Marie me l'interdit, mais je n'en pense pas moins.

Pour moi l'hiver, le maudit hiver !! est synonyme de froid, de tempêtes, de routes fermées, d'autos prises dans le banc de neige ou qui refusent de démarrer, de stationnement embourbés, de verglas, de vitres givrées, de trottoirs glissants et de camions qui m'arrosent de gadoue. Fraîchement retraitée, j'ai encore cette réaction viscérale du très peu pour moi.

Mais là, clic et déclic, ça vient de changer. Pour sûr il y a encore des tempêtes, la souffleuse à passer, les balcons à déneiger, le verglas, la gadoue, les routes fermées, les vitres givrées. Mais il y a maintenant le merveilleux, oui ce merveilleux hiver !!
Mes petits anges

Un coup rendue dehors, toute emmitouflée dans mon accoutrement de bonne femme Michelin, c'est vrai que c'est beau. C'est vrai que ce n'est pas si froid que ça, une fois qu'on s'est habitué et qu'on bouge. C'est vrai que la neige est immaculée, que le sentier tout enneigé qui traverse notre terre est de toute beauté, voire même romantique avec ses grands arbres ouatés. C'est vrai que la baie, sous sa couverture de glace est lumineuse. C'est vrai que la pointe de Penouille avec sa petite crête d'épinettes émergeant de la neige et bordée de sa dentelle de glace est craquante. C'est vrai que faire des anges dans la neige comme mes petits-enfants à Noel est d'une joyeuseté. C'est vrai que voir tomber la neige m'émerveille encore. C'est vrai que j'adore faire de la raquette en prenant le temps d'humer l'air, de scruter les bois et de deviner les pistes laissées par le gibier.


Nos sentiers
Grand-papa s'y met aussi
Les autres sports, je les laisse à mes amis et je ne m'en plains pas. Mes dernières prouesses en patin remonte à mon adolescence. Marraine, des patins bleus, ça gâchait le plaisir ! Alors pendant qu'un pousse son cardio sur ses skis de fond, qu'une autre se les gèle sur la glace en espérant accrocher le gros poisson, que d'autres, amateurs inconditionnels de moteur, s'en donnent à coeur joie dans les pistes de moto-neige, que des braves font du kite-surf des neiges et escaladent les grandes orgues de cathédrales de glace formées par l'écoulement des eaux sur les falaises, je les admire, je les encourage, je les félicite, mais très peu pour moi pour l'instant. Je dois m'apprivoiser peu à peu et découvrir en toute chose le plaisir caché.
Penouille
Visiteurs gourmands

En fait, me connaissant, je suis bien plus du type,  euh..... je dirais poliment .......contemplative. Et je n'arrête pas de m'extasier en me disant que je suis chanceuse de vivre toute cette beauté. C'est là devant moi. Je n'ai qu'à ouvrir les bras et me gaver de toute cette nature. Est-ce justement cela qui m'insuffle le courage de traverser cette période et qui m'aide à trouver mon équilibre ?






               
Belle baie!
Chériiiiiie!! on va-tu s'oxygéner ?

Oh !  j'avais oublié qu'il me lisait lui aussi.

Bon, bon, ok,                    5,   4,   3,   2,   1........... kilomètre.

 Prête pas prête, on y va !      





Sur la baie

En montagne

Les grandes orgues de glace

Un peu d'histoire: 

Devant la maison, nous avons le terrain qui s'allonge jusqu'à la baie et un chemin y descend. Au début du siècle, dernier ce chemin était battu (entretenu) l'hiver par l'ancien propriétaire et sa famille.

Transport à Farewell Cove en hiver 1920
Les Coffin et leurs voisins les Mullin y descendaient avec chevaux (Queen pour les Coffin et Bay pour les Mullin) et traîneaux et traversaient la baie sur ce qu'on appelait "le pont de glace". Plusieurs kilomètres séparaient Farewell Cove de Gaspé. De là, ils transitaient élèves, médicaments, médecins, livres, journaux, courrier, passagers et commissions de toutes sortes pour les résidents de ce côté-ci de la baie.

Grande traversée de la Gaspésie
De nos jours, le pont de glace n'est plus balisé. De temps en temps, une moto-neige s'échappe et traverse et en février, lorsque les bénévoles se sont assurés que la glace est portante, la cohorte des fondeurs de la Grande traversée de la Gaspésie entreprend en file indienne sa traversée annuelle du bout de la pointe de Penouille jusqu'à la marina de Gaspé. Impressionnant !