samedi 24 janvier 2015

Maudit hiver! Merveilleux hiver!

Chériiiiiiiiiie, on va tu s'oxygéner? Me semble que ça nous ferait du bien !

Ouais, parle pour toi mon amour ! A - 15 C, je me demande vraiment si ça va "me" faire du bien. Au lieu de m'oxygéner, si je faisais plutôt une crise d'asthme? Et sortir grand-maman ourse de sa torpeur hivernale, hum, elle a de quoi grogner. À cette température, j'ai plutôt le goût de me rouler en boule devant la fournaise à bois, lovée contre la chatte dans son panier.

Je ne l'ai jamais avoué ouvertement mais je suis certaine que mon langage non verbal m'a trahi depuis longtemps. Non, je n'affectionne pas particulièrement l'hiver. Je fais la moue, je traîne la patte, je prends une éternité pour m'habiller, je ne trouve jamais la bonne tuque, les bonnes mitaines. Bof, tout cet attirail dont il faut nous attifer ? Je comprends les bout-de choux qui se sentent tout coincés dans leur habit de neige. Eux peuvent crier, pas moi, mon éducation des soeurs de Jésus-Marie me l'interdit, mais je n'en pense pas moins.

Pour moi l'hiver, le maudit hiver !! est synonyme de froid, de tempêtes, de routes fermées, d'autos prises dans le banc de neige ou qui refusent de démarrer, de stationnement embourbés, de verglas, de vitres givrées, de trottoirs glissants et de camions qui m'arrosent de gadoue. Fraîchement retraitée, j'ai encore cette réaction viscérale du très peu pour moi.

Mais là, clic et déclic, ça vient de changer. Pour sûr il y a encore des tempêtes, la souffleuse à passer, les balcons à déneiger, le verglas, la gadoue, les routes fermées, les vitres givrées. Mais il y a maintenant le merveilleux, oui ce merveilleux hiver !!
Mes petits anges

Un coup rendue dehors, toute emmitouflée dans mon accoutrement de bonne femme Michelin, c'est vrai que c'est beau. C'est vrai que ce n'est pas si froid que ça, une fois qu'on s'est habitué et qu'on bouge. C'est vrai que la neige est immaculée, que le sentier tout enneigé qui traverse notre terre est de toute beauté, voire même romantique avec ses grands arbres ouatés. C'est vrai que la baie, sous sa couverture de glace est lumineuse. C'est vrai que la pointe de Penouille avec sa petite crête d'épinettes émergeant de la neige et bordée de sa dentelle de glace est craquante. C'est vrai que faire des anges dans la neige comme mes petits-enfants à Noel est d'une joyeuseté. C'est vrai que voir tomber la neige m'émerveille encore. C'est vrai que j'adore faire de la raquette en prenant le temps d'humer l'air, de scruter les bois et de deviner les pistes laissées par le gibier.


Nos sentiers
Grand-papa s'y met aussi
Les autres sports, je les laisse à mes amis et je ne m'en plains pas. Mes dernières prouesses en patin remonte à mon adolescence. Marraine, des patins bleus, ça gâchait le plaisir ! Alors pendant qu'un pousse son cardio sur ses skis de fond, qu'une autre se les gèle sur la glace en espérant accrocher le gros poisson, que d'autres, amateurs inconditionnels de moteur, s'en donnent à coeur joie dans les pistes de moto-neige, que des braves font du kite-surf des neiges et escaladent les grandes orgues de cathédrales de glace formées par l'écoulement des eaux sur les falaises, je les admire, je les encourage, je les félicite, mais très peu pour moi pour l'instant. Je dois m'apprivoiser peu à peu et découvrir en toute chose le plaisir caché.
Penouille
Visiteurs gourmands

En fait, me connaissant, je suis bien plus du type,  euh..... je dirais poliment .......contemplative. Et je n'arrête pas de m'extasier en me disant que je suis chanceuse de vivre toute cette beauté. C'est là devant moi. Je n'ai qu'à ouvrir les bras et me gaver de toute cette nature. Est-ce justement cela qui m'insuffle le courage de traverser cette période et qui m'aide à trouver mon équilibre ?






               
Belle baie!
Chériiiiiie!! on va-tu s'oxygéner ?

Oh !  j'avais oublié qu'il me lisait lui aussi.

Bon, bon, ok,                    5,   4,   3,   2,   1........... kilomètre.

 Prête pas prête, on y va !      





Sur la baie

En montagne

Les grandes orgues de glace

Un peu d'histoire: 

Devant la maison, nous avons le terrain qui s'allonge jusqu'à la baie et un chemin y descend. Au début du siècle, dernier ce chemin était battu (entretenu) l'hiver par l'ancien propriétaire et sa famille.

Transport à Farewell Cove en hiver 1920
Les Coffin et leurs voisins les Mullin y descendaient avec chevaux (Queen pour les Coffin et Bay pour les Mullin) et traîneaux et traversaient la baie sur ce qu'on appelait "le pont de glace". Plusieurs kilomètres séparaient Farewell Cove de Gaspé. De là, ils transitaient élèves, médicaments, médecins, livres, journaux, courrier, passagers et commissions de toutes sortes pour les résidents de ce côté-ci de la baie.

Grande traversée de la Gaspésie
De nos jours, le pont de glace n'est plus balisé. De temps en temps, une moto-neige s'échappe et traverse et en février, lorsque les bénévoles se sont assurés que la glace est portante, la cohorte des fondeurs de la Grande traversée de la Gaspésie entreprend en file indienne sa traversée annuelle du bout de la pointe de Penouille jusqu'à la marina de Gaspé. Impressionnant !



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